Enquête sur la culture masculine blanche présente dans la pratique privée du droit

Publié dans : Blog
Posté sur : 13 février 2018

Carmina Ravanera - Gestionnaire, Mesures et analyses

« Si vous êtes un homme blanc, anglo-saxon, bien connecté, riche et beau, on vous donne une certaine crédibilité sans se poser de questions. Si vous ne correspondez pas à cette description… vous devez faire preuve de votre crédibilité de façon que celui qui représente l’idéal hypothétique n’a pas à le faire. »

Cette réponse m’a été donnée lors d’un entretien avec une avocate racialisée qui décrivait les obstacles à la diversité qui existent dans la pratique privée du droit. Cette affirmation corrobore les résultats que le CCDI constate régulièrement dans le cadre du projet en cours : Diversité par les nombres : La profession juridique. Au cours des quatre dernières années, ce projet a examiné les données démographiques des avocats et avocates au sein de dix-huit cabinets privés au Canada et, chaque année, on retrouve le même résultat : les avocates et avocats racialisés sont sous-représentés dans les rôles de dirigeants et d’associés au sein des cabinets d’avocats, même s’ils et elles sont fortement présents comme stagiaires et avocat(e)s. Les dirigeants et les associés sont principalement des hommes de race blanche.

Cette année, nous voulons en savoir plus sur la culture présente dans la pratique privée pour mieux comprendre pourquoi ce profil se maintient. Nous avons organisé des groupes de discussion et des entrevues avec douze avocates et avocats racialisés, pour discuter des obstacles qui pourraient empêcher l’avancement professionnel des groupes minoritaires dans la pratique privée. Le fait de faire une recherche qualitative plutôt que de se concentrer uniquement sur les chiffres nous a permis d’examiner les normes et les valeurs qui existent dans la pratique privée et qui profitent à certains groupes plutôt qu’à d’autres.

Grâce à ces groupes de discussion et ces entrevues, il est devenu clair que la culture présente dans la pratique privée repose sur l’idéalisation du concept rigide de la masculinité. Bon nombre des comportements et des pratiques normalisés dans les cabinets d’avocats tiennent pour acquis que les membres du cabinet sont des hommes blancs de la classe supérieure, qui peuvent consacrer leur vie entière au travail. Ceux et celles qui ne correspondent pas à cet idéal sont relégués à l’arrière-scène. Les personnes interrogées nous ont fait part de plusieurs expériences personnelles qui leur a donné l’impression de ne pas faire partie du groupe au travail ou de devoir changer pour faire avancer leur carrière.

De plus, les personnes interrogées ont fait référence au fait qu’ils et elles ont dû abandonner tout équilibre entre le travail et la vie privée (y compris les responsabilités familiales), renoncer à leur bien-être physique et mental à cause du travail, s’engager dans des activités sociales contraires à leurs intérêts et à leurs valeurs (comme le golf et la boisson) pour faire avancer leur carrière, tout en se sentant désavantagé en raison d’un manque de relation influente au sien du « Club des vieux copains ». Ce sont des problèmes qui, avec le temps, découragent les gens et affectent leur capacité de réussir. Il est difficile pour les avocates et les avocats racialisés de réussir dans un milieu qui n’a pas été conçu pour eux. En fait, la culture au sein de ce milieu en chasse un grand nombre.

Notre recherche coïncide avec un intérêt croissant dans les médias, traitant du même sujet, stimulé par l’article rédigé par l’ancienne avocate en pratique privée Hadiya Roderique intitulé Black on Bay Street publié dans le Globe and Mail. L’article de Roderique décrit les nombreuses formes de discrimination, souvent subtiles, qu’elle a subies et les instances qui l’empêchaient de s’intégrer au milieu. Les expériences de nos répondant(e)s et d’autres, comme Roderique, suggèrent qu’il est urgent pour les cabinets de transformer les normes culturelles en milieu de travail qui forcent certains groupes à prendre la porte.

Vous pouvez trouver notre rapport de recherche qualitative complet en cliquant ici (en Anglais).

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